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dimanche 29 avril 2007

Sauve qui peut... les poulets

Voici ce que j'ai appris en regardant un dvd intitulé Sauve qui peut... les poulets, à propos de l'industrialisation de l'élevage de poulets. Oui, le texte est long, mais sa lecture prend énormément moins de temps que de regarder le dvd.

Le reportage donne tout de suite le ton en présentant des images un peu affreuses de corps de poulets qui défilent sur des crochets et sont tranchés lorsqu'ils passent devant une lame. Avec 160 000 tonnes de poulet consommé chaque jour, le poulet est devenu une marchandise pour des entreprises agro-alimentaires mondiales.

Tout d'abord admirons une usine thaïlandaise. Le numéro 1 mondial du poulet est thailandais, il se nomme CP. Un commercial forcément objectif nous fait visiter l'usine (en omettant le côté obscur bien entendu). Une publicité de ce groupe dit que le poulet est plein de protéines, qu'il est peu gras [je dirais que ça dépend s'il est de bonne qualité], et il a bon goût [moi je trouve le poulet insipide, à part les vrais poulets fermiers]. Nous voyons de gigantesques poulaillers, 11 poulets au mètre carré, 16 000 par poulailler, 250 poulaillers, soit au total 4 millions de bêtes.

Grâce à une débauche de capteurs, partout et pour tout mesurer, la présence d'un seul humain suffit pour élever 100 000 poulets. La nourriture des poulets est exclusivement importée (maïs et soja).

Chaque jour 700 000 unités sortent de l'usine à poulets, débités par des humains. La chaîne de production regroupe une armée de gens en tenue bleue, seuls les yeux dépassent, les chefs ont un habit de couleur différente et un porte-voix. 20 000 personnes travaillent ici. Témoignage d'un employé recueilli à la cantine (sous les yeux du commercial, discours forcément sincère donc...) : « J'aime beaucoup ce travail, les chefs sont très gentils ».

Thaïlande et grippe aviaire. La Thaïlande est l'un des pays foyers de la grippe aviaire [comme par hasard]. Pour lutter contre cela, les animaux dans des poulaillers à l'air libre ont été abattus. Notre numéro un mondial n'a pas été inquiété, ses poulets sont soi-disant isolés du monde extérieur (nous verrons plus tard que cela est faux). Peut-être son influence au sein du gouvernement thailandais, et le fait qu'il aie même ses propres conseillers auprès du premier ministre y est pour quelque chose dans cette tranquillité...

Monsieur le commercial nous dit qu'il y a des analyses en continu sur ses poulets, « aucune raison de s'inquiéter », affirme-t-il. La preuve : les clients ne sont pas partis, et il y a même des nouveaux clients à cause de la grippe aviaire [on pourrait presque croire qu'ils ont cherché à arrêter les petits et moyens élevages afin d'augmenter la part de marché des gigantesques].

Revenons en Europe. Le poulet thaïlandais se vend très peu, en effet le poulet cru importé est surtaxé en Europe, cependant de plus en plus de poulet cru est importé du Brésil. Les plats cuisinés à base de poulet proviennent de l'étranger.

L'Europe exporte son trop-plein de poulet cru vers l'Afrique, sous forme de poulets congelés. Au Cameroun une étude a montré que 83% des poulets congelés sont impropres à la consommation. Avant l'interdiction des farines animales, ces poulets étaient transformés en farine animale. Ces poulets étant moins chers que les poulets produits localement, ils détruisent le marché local : dans les années 80, le Cameroun s'auto-suffisait alimentairement à 90%, aujourd'hui c'est seulement 59%.

Retour en Thaïlande, du côté des petits éleveurs cette fois. Le gouvernement prépare une loi sanitaire imposant l'enfermement des volailles, un producteur dit que ses poulets vivent dans les arbres, en liberté, ils se nourrissent des insectes du potager, et donc il n'a pas besoin d'insecticides. Les petits éleveurs n'auront pas assez d'argent pour mettre en place le système d'enfermement. La guerre du poulet est emblématique, c'est l'interdiction de produire sa propre nourriture qui est en jeu.

Sur un marché nous assistons à la comparaison d'un poulet CP et d'un poulet d'un petit élevage artisanal : le poulet CP ressemble à une boule de gras, l'autre ... à un poulet. 45 jours d'élevage pour le premier, contre plus d'un an pour le second. Le premier est plus gras et moins cher.

Les petits producteurs, variable d'ajustement des usines à poulet. Notre commercial CP reprend la parole : les petits éleveurs n'ont plus d'avenir, à cause de la grippe aviaire, ils ne peuvent pas contrôler, ils vont devoir changer de métier. Il rappelle que les 700 000 poulets abattus chaque jour chez CP proviennent exclusivement de l'usine à poulet, mais c'est mathématiquement impossible... Ces fermes ne peuvent produire qu'un quart de ce chiffre. La compagnie aurait-elle des contrats de sous-traitance ? « Avant nous avions quelques élevages, mais c'est terminé maintenant » (on note quelques coups d'oeil gênés entre les interlocuteurs de chez CP avant de répondre à la question). Et pourtant, on rencontre une femme thaïlandaise, faisant partie de la catégorie des petits éleveurs : elle a tout investi elle-même, elle a une grosse dette, CP lui fournit les poussins, la nourriture, les médicaments, les visites vétérinaires. Son contrat lui interdit de travailler pour quelqu'un d'autre, mais sans lui garantir des commandes régulières. L'an dernier elle n'a pu faire fonctionner qu'un seul poulailler sur les 3 qu'elle possède, en fonction de la loi du marché. Ce sont les petits producteurs qui servent de variable d'ajustement au chicken business. CP aurait en arrière-boutique 10 000 éleveurs, ce qui transforme en mensonge ce que disait notre gentil commercial, qu'il n'y avait aucun risque de grippe aviaire dans son usine, car aucun contact avec l'extérieur...

Un éleveur en France. Il nous dit que la situation est la même en France, il a élevé des poulets pendant une dizaine d'années pour un industriel français, il servait lui aussi de variable d'ajustement. Il s'est depuis reconverti dans un élevage de moutons indépendant.

Que de raisons d'être optimiste sur l'avenir du monde...

samedi 14 avril 2007

Villeurbanne et ses arbres

Ayant profité de ce magnifique soleil d'avril pour aller me promener dans mon quartier, voire même un peu au-delà, j'ai été victime d'une grande déception. Un but inavoué de cette promenade était de repérer une parcelle d'herbe sous un grand arbre, dans un coin tranquille, où je pourrais à l'occasion venir avec de la lecture (un classique jardin public ne convenant pas pour cet usage, vu les enfants qui courent partout en criant).

Plusieurs fois, j'ai aperçu au loin un grand et bel arbre. Souvent même il y avait de la verdure au pied. Parfois l'îlot de verdure était très étendu, voire même il y avait plusieurs arbres. Mais à chaque fois quand je m'approchai, une clôture apparaissait, me séparant de l'arbre tant désiré.

Il y a plein de verdure à Villeurbanne, mais systématiquement à l'intérieur d'une propriété privée, entrée interdite. J'ai tout de même repéré un ensemble de maisons qui peuplera désormais mes rêves : il y avait autour de chacune un grand espace au sol, peuplé d'herbe, de jardin potager, de fleurs, d'arbres. L'espace était séparé en plusieurs morceaux clairement délimités, leur nombre correspondant vraisemblablement au nombre de logements. J'aimerais tant avoir un bout de verdure dont je puisse bénéficier, même si pour l'instant ce n'est pas une raison suffisante pour que je décide de déménager.

Après une chaude après-midi comme celle-là, il est temps que j'aille arroser mes minuscules plants d'herbes aromatiques et de tomates cerises, qui tentent de grandir sur le rebord de la fenêtre (notez toute l'amertume exprimée dans cette phrase).

mardi 10 avril 2007

La science des rêves

La science des rêves est un film dont j'étais certaine qu'il me plairait. Mais alors que je m'apprêtais à aller le voir au cinéma, le téléphone avait sonné pour m'annoncer que non je ne serais pas embauchée la semaine suivante comme prévu (ça s'est arrangé quelques jours après). Cela ayant coupé net mon élan, j'avais renoncé à voir le film.

Je viens d'acheter le DVD. C'est bien rare que j'achète un DVD, celui-là étant le cinquième de ma collection, d'autant plus d'un film que je n'ai pas encore vu. Mais puisque je vous dis que j'étais vraiment convaincue qu'il me plairait... et c'est effectivement le cas.

L'histoire n'a rien d'extraordinaire – mais j'adore les histoires ordinaires remodelées par un regard subjectif – , c'est une histoire d'amour qui semble ne jamais vouloir aboutir. A travers cette histoire tout un univers est fabuleusement présenté, avec un immense soin du détail, des images d'une beauté flagrante, et juste ce qu'il faut d'humour. Des effets spéciaux faits intégralement à la main, et quel résultat !

A la fin du film j'avais des étoiles plein les yeux, mais aussi une forte sensation de manque d'un amoureux (si par le plus grand des hasards toi, lecteur, souhaitais remplir ce rôle, n'hésite pas à me contacter). J'en veux d'autres des films de vraie vie traitée d'une façon hors du commun. D'ailleurs je m'en vais regarder le deuxième disque, présentant soi-disant une version alternative de l'histoire.

jeudi 5 avril 2007

Un an à Lyon

J'ai presque l'impression que c'était hier que j'ai emballé toutes mes affaires pour les mettre dans une camionnette qui les a transportées de Clermont-Ferrand à Lyon. Mais non, ça fait un an. Déjà un an.

Je me souviens que je ne pensais pas me plaire dans cette si grande ville. Un an plus tard mon avis est mitigé. Certes, en comparaison de Paris, Lyon est une ville très agréable. Si on compare à Clermont-Ferrand, hum, c'est plus difficile. A Clermont-Ferrand on est rapidement en-dehors de la ville, dans de jolis paysages de surcroît. Un dimanche après-midi dans un parc de la Tête d'Or bourré d'humains, en particulier de petits humains qui courent dans tous les sens, opposé à une calme solitude au pied d'un volcan...

Mais à Lyon le réseau de transports en commun est particulièrement performant, la ville paraît d'autant plus petite. Et le style particulier des bâtiments lui donne une personnalité. Enfin moi j'habite à Villeurbanne, juxtaposition des bâtiments cités précédemment qui au début du siècle dernier étaient luxueux (j'habite dans un exemplaire de ceux-là) et de grands ensembles immobiliers récents, bétonnés, très élevés, entourés de verdure strictement privée et clôturée. Ca vaut quand même mieux que ces immeubles de Vénissieux qui surplombent une autoroute, qui ne sont ni assez récents pour que la vie y soit agréable, ni assez anciens pour avoir du style.

Concluons que ce n'est pas si terrible que ça. Je brûle d'envie d'avoir un coin de jardin à moi avec la magie des légumes à cultiver, un arbre immense à l'ombre duquel je m'installerais l'été pour lire, et que de la fenêtre la vue soit remplie de prairies d'arbres et de montagnes. Mais finalement en un an, n'avoir été faire des courses qu'une seule et unique fois en voiture (c'était pour ramener un séchoir plus haut que moi), et la grande majorité des autres fois avoir utilisé mes pieds, c'est très appréciable. Forcément, avec la population qui s'étale vers le ciel, tout au sol devient plus proche. Et c'est parti pour une deuxième année !

mardi 3 avril 2007

AaRON, Artificial Animals Riding On Neverland

Et voilà le disque que j'écoute beaucoup en ce moment. Les mélodies sont bouleversantes derrière leur apparente simplicité, la voix évolue délicieusement entre plusieurs tonalités, l'ensemble se révèle froid à souhait.

Il y a tout de même deux chansons que je ne supporte pas : Strange Fruit qui se rapproche du blues, vraiment trop mou pour moi, et Last Night Thoughts qui manque cruellement de paroles. Sinon j'aime toutes les autres, avec une légère préférence pour U-Turn (Lili), War Flag, Lost Highway et Endless Song.

Seul problème : soit c'est la musique en elle-même qui est triste (en tout cas les paroles le sont), soit elle fait résonner en moi des éclats de mélancolie, mais écouter ça a tendance à me rendre triste...

lundi 2 avril 2007

Le lombricompost à la maison : fin de l'expérience

J'ai décidé d'arrêter de lombricomposter à la maison. Parce que la place d'un lombricomposteur n'est pas dans un appartement ; il faudrait un balcon, un mini-jardin ou bien une cave, mais je n'ai rien de tout cela. Et puis j'avais laissé trois moucherons dans mon tri d'il y a deux mois, ça y est ils se mettent à faire trop de petits. Une odeur est restée car je ne me suis pas suffisamment occupée du système (découper des journaux pour recouvrir, remuer de temps en temps), mais de toute façon j'avais craqué et mis la boîte dans un placard, histoire de ne pas devoir assumer cela devant des invités.

C'est effectivement une expérience très difficile à partager, j'ai pu en parler à quelques personnes sans rentrer dans les détails (dire qu'on fait du compost chez soi, bizarrement ça ne choque pas vraiment, mais dire que c'est des vers de terre alors là tout se complique). J'avais soigneusement choisi les gens à qui j'en ai parlé, mais peut-être doutent-ils depuis de ma bonne santé mentale :-).

En tout cas, je ne regrette pas d'avoir essayé, j'ai pu voir que c'était faisable. Une solution serait peut-être d'acheter un véritable lombricomposteur vendu par Vers La Terre, mais je doute que cela fonctionne parfaitement. [Si quelqu'un qui lit ceci a testé, le retour d'expérience m'intéresse.]

N'étant plus capable de jeter des déchets putrescibles à la poubelle, je vais donc revenir au système non viable des boîtes à glace à vider toutes les 3 semaines dans le compost des parents. Déjà avant de tenter l'expérience du lombricompost, j'avais du mal à me résoudre à jeter les déchets quand parfois mes boîtes à glace étaient toutes déjà pleines ; maintenant c'est devenu vraiment impossible, c'est peut-être aussi fort qu'une religion (mon athéisme intégral, en-dehors de cette croyance que les déchets putrescibles doivent retourner à la terre, ne me permet pas de comparer). Mais rassurez-vous, quand je suis invitée, j'arrive à rester très calme au moment de remplir la poubelle ;-).